Au quotidien

Maman génération Y

Le jour ou je suis devenue Mère, je me suis attelé à devenir la maman parfaite. Non celle que je m’étais imaginé être mais celle que l’on m’avait involontairement inculqué au travers de mon éducation et des conversations auprès de mon entourage…

La maman des magasines.

Je pensais donc que devenir Mère se résumait à rajouter une carte à mon « Curriculum Vitae ».  J’avais tout fait comme il fallait jusqu’à présent: studieuse à l’école, épanouie dans mon travail, folle amoureuse… J’étais même allé plus loin, en devenant propriétaire d’un chien, d’une maison, d’une voiture… J’avais passé toutes les étapes de la vie avec succès et je savais gérer ma vie comme on me l’avais enseigné. Alors oui, avoir un enfant était la continuité…

Je ne suis pas non plus une page blanche sur laquelle les autres écrivent, je sais aussi ce que je veux. Avoir un enfant, était la continuité de notre amour avec ma moitié, construire un Nous qui pérenniserait notre amour pour l’éternité au travers de toutes les futures générations de Mini JE… (Johanne/Etienne)

C’était aussi la continuité du schéma de vie parfaite que nous vivions et comme tout, nous allions réussir cette création d’un être humain à merveille. Et comme tout, nous allions nous inspirer des autres, de notre entourage lorsque nous aurions des doutes, des questionnements.

J’avais une idée très fixe de quel genre de Mère je voulais être, ma magnifique formation d’éducatrice de jeunes enfants m’avait donné des belles clés pour être la maman parfaite… ( ne jamais laisser mon enfant pleurer, cododo, allaitement, verbalisation positive, empathie, jeux et activités, etc) .

Lorsque ma fille est née, très vite j’ai sentie un décalage entre ce que je faisais et ce que je voulais être.  La maman à mon image était souvent mise de coté pour laisser place à la maman parfaite qui cadrait mieux avec la société. Parce que inconsciemment je me laissais influencer par les petits conseils et phrases de mon entourage, qui parfois était juste des paroles en l’air mais qui me faisaient culpabiliser.

J’en venais à penser que si le sol de ma maison était sale, le linge pas repasser, le frigo vide c’est que j’étais une mauvaise mère ou tout du moins une mère débordée. Pour prouver que je m’en sortais au yeux des autres, il fallait donc que je donne l’image parfaite, maison qui brille, enfant qui brille, maman qui brille, sac de lange toujours complet, rdv toujours à jours, working girl épanouie.

Chouette!! c’est jolie à regarder pour les autres, mais à l’intérieur de ma fille et moi tout était sombre, parce que je ne trouvais pas le temps de m’épanouir dans mon rôle de mère, celui de femme accomplie me prenait tout mon temps et ma fille passait après… JAMAIS je n’avais envisagé de vivre mon rôle de maman comme ça.

Le changement (C’est maintenant).

J’ai eu le déclic plusieurs mois après la naissance de ma fille, alors que je m’exaspérais de ses nombreuses sollicitations qui ne me laissaient jamais le temps de commencer et de terminer quelque chose… Je me suis observé et j’ai pris du recul sur la situation. Je me suis rendu compte que j’étais en train de faire passer ma fille après une tâche ménagère… Que le message que je lui envoyais était que la propreté de la maison était plus importante que de passer du temps avec elle.  Mon coeur s’est serré, j’ai jeter l’éponge  ( littéralement) et j’ai couru m’âssoir auprès d’elle pour jouer avec elle. On a commencé à jouer, à se faire des bisous, elle riait aux éclats et mon coeur se remplissait d’amour… C’est exactement à cet instant là que je suis devenue mère, la mère que je souhaitais être.

Ce jour là j’ai compris que j’étais une maman de la génération Y, et que comme pour beaucoup d’autres choses, notre génération ne fait pas comme les autres.

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Nous sommes la génération qui remettons les choses en questions, qui agissons en toute conscience. Nous mangeons bio, parce que nous souhaitons agir, nous voulons developper un marché de proximité et avoir plus de chance de vivre sainement, nous exigeons d’avoir des métiers passions parce que nous souhaitons savourer la vie à chaque instant,  nous travaillons moins parce que nous voulons profiter de la vie , de nos enfants.

Parfois aux yeux des autres nous sommes  la générations fainéantes, mais pas du tout, nous sommes la génération humaine, libre et logique. Nous privilégions l’instant, le bonheur. On nous a sermonné pendant toutes notre éducation que nous n’aurions pas de travail malgré nos diplômes, que nous n’aurions pas de retraite, on nous à finalement involontairement orienté vers une réflexion de la vie au jour le jour, à profiter de l’instant.

CARPE DIEM.

Ma vie de maman, je la vois désormais ainsi également, peu importe qu’il y ai des poils de chien sur mon carrelage et que la table du petit déjeuner ne soit pas encore rangée. Parce qu’a cet instant précis je suis en train de m’éclater avec ma fille et mon fils, à lire des histoires pendant une heure, à prendre un bain moussant avec eux, à mettre du sable fin partout dans la maison en faisant du transvasement, à danser sur le rythme de la musique de LALALAND, à courir dans le jardin en pyjamas ( tant pis pour les voisins) à rire comme si j’avais moi aussi deux ans.  A me sentir vivante. A créer des souvenirs inoubliables avec mes enfants.  A créer du lien avec eux.

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Et vous savez quoi? Finalement ma maison est toujours plutôt correctement tenue, parce que je prend plaisir à le faire une fois que mes enfants dorment, parce que je suis gavé d’amour, remplie d’énergie, je fais les choses deux fois plus vite grâce à cette énergie. Je ne fais plus rien dans la contrainte mais tout avec volonté et plaisir. Parce que j’ai inversé le cours des choses… j’ai revue mes priorités.  Si j’ai la flemme et que je sens qu’il est bon pour moi de m’affaler sur le canapé et de regarder un épisode d’une série,  de prendre un bain, je le fait aussi. Une maman heureuse et bienveillante est une personne qui prend soin d’elle, en forme et comblée.

 

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Je me fiche d’entendre, « Organise toi pour que le repas soit fait tôt le matin pour être sur d’avoir à manger »  » Ton linge tri le en amont ça te fera gagner du temps » NON, ce n’est pas cela la vie.

Parfois oui, je prend plaisir à faire à manger, pendant que mes enfants jouent en autonomie ou viennent m’aider. Alors on mange le midi un repas sain et équilibré. Parfois, on rentre d’une matinée que l’on a passé dans les champs, au soleil, à ramasser des fleurs et se cacher dans les foins et on mange « sur le pouce » ( une tomate, un oeuf, du maïs, un bout de fromage).

Je ne veux pas culpabiliser, car mes enfants sont plus heureux de passer du temps avec moi que de manger un repas longuement élaboré.

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Sans ces dictats de la société je me sens moi même, je m’énerve moins, parce que j’assume mes choix, je prend du recul sur les événements, je me pose sans cesse cette question:  » Est ce que c’est réellement important », et la réponse guide souvent la réaction que j’ai envers mon enfant. Je me sens en accord avec moi même.

J’ai choisi de travailler moins, parce que je veux vivre avec eux, je ne veux pas les voir grandir à travers les yeux de tierces personnes. C’est un choix personnel que beaucoup de parents font désormais, un choix de vie.

 

 

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Génération Y, c’est aussi génération google, je lis beaucoup de livres, d’articles, de blog sur l’éducation je veux faire les choses par moi-même, prendre des décisions en toute connaissances de cause, et non parce que dans la famille ont a toujours fait comme ça et que si ça a marché pour tante Marguerite ça marchera forcément pour mes enfants…  On a grandi en apprenant à faire par nous même et désormais nos pères et mères s’étonnent et ne comprennent pas toujours cette volonté d’appliquer de nouvelles pédagogies et de ne pas suivre leurs conseils.

Je suis fière de la maman que je suis en train de devenir, qui se construit chaque jours. Je savoure chaque instants et surtout je me reconnais…  On attendait peut être de moi de devenir adulte en devenant mère, de faire comme les autres ont fait avant moi, mais notre génération a du caractère, nous sommes fière de ce que nous sommes, nous savons ce que nous voulons et nos enfants ne seront pas les même enfants qu’il y a 30 ans.  Nous sommes des adultes enfants, nous avons pris ce qu’il y avait de meilleur chez l’adulte, à savoir, prendre des décisions réfléchies, assumer nos choix, vivre de façon autonome et nous avons conservé notre âme d’enfant, c’est à dire, vivre l’instant présent, faire les choses dans le plaisir et non la contrainte… Je ne vois pas une génération en déclin je vois une nouvelle génération heureuse qui transmet à ses enfants des valeurs fortes tel que l’amour, la partage et la furieuse envie de vivre une vie riche d’expériences.

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Nous sommes les parents de nos enfants, nous sommes les plus à même de savoir ce qui est bon pour eux, faisons nous confiance.

Alors posez vous la question: quel parent je veut être? quelle vie je veux vivre? quel souvenir je veux laisser à mes enfants? Dansez, chantez, jouez, sautez, courez, criez (de joie et pas sur vos enfants…).

VIVEZ.

LA VIE C’EST MAINTENANT!

A Sandra G, mon amie et collègue de travail qui chaque jour me donne le plus bel exemple d’une maman heureuse  et qui fait de la vie de ses enfants une joie constante.

 

9 réflexions au sujet de “Maman génération Y”

  1. Ouah quelle bonheur de t avoir lu je te tire mon chapeau et sois fière de qui tu es .
    Nous somme de la même génération et de plus du même village natale je te rejoint dans tout cela moi même étant maman .Tu ma toucher et je me suis retrouvée dans se que tu écrit.
    Tu es une super maman et ne change rien.
    Plein de bonheur à toi ta petite famille.

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  2. C’est bien écrit et plein de bon sens, bravo 🙂
    Tu n’as pas parlé de la place du papa par contre. Est-ce que tout le monde y trouve son compte avec cette organisation ? Tu as l’air d’avoir trouvé ta place et ton rythme, mais est-ce le bénéfice des sacrifices faits par le père ?
    Qu’on soit clair je n’ouvre pas la critique j’aimerais juste élargir un peu le champ de vision. Merci !

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    1. Merci pour ton commentaire dans lequel tu poses une très bonne question. 🙂
      J’ai effectivement nettement orienté mon propos sur mon ressentie de maman, sur une période ou peut être j’avais l’impression de devoir trouver ma place avant de penser à celle du père et de mon couple.
      Concernant la place du père (et je pense que c’est aussi lié à une réflexion générationnelle, nous concernant en tout cas), il trouve sa place également dans ce fonctionnement, dans le sens ou nous avons décidé que nos enfants sont la priorité et que le reste n’est qu’une question d’organisation et de remises en questions de nos besoins (j’entend surtout les besoins financiers).
      Mais il est vrai que dans une réflexion d’équité pour le couple, il serait intéressant à l’avenir de pouvoir inverser les rôles ou tout du moins d’avoir une réflexion sur la meilleure façon pour le papa de trouver lui aussi le moyen de s’épanouir dans son rôle de père en laissant de coté le quotidien souvent trop présent…

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  3. En lisant ces lignes je me rend compte que je suis toi… avant ton changement! Ma maison brille, ma fille de 4 mois et moi aussi… je ne fais juste pas à manger car la cuisine n’a jamais été mon fort! 😉 Et je suis vraiment triste quand je dois la poser dans son parc pour faire le ménage… j’en suis au stade où j’essaie de trouver le juste milieu, pas encore prête à jeter l’éponge comme toi tant je suis manique! ça ne va peut-être pas durer! Quand ma fille va grandir elle aura encore plus besoin de moi, et je compte être là pour elle comme tu l’es pour tes amours!

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    1. Merci pour ton partage très sincère. 🙂
      L’essentiel est de trouver son équilibre… Il y a des jours ou prendre soin de soi et de sa famille c’est aussi faire en sorte que notre environnement soit propre et agréable . Le tout est de s’écouter et de le faire en étant en accord avec soit même et d’avoir conscience de nos priorités. Que le temps partager ensemble soit la récompense, après le temps des taches quotidiennes. Et surtout prendre le temps de formuler tout cela de vive voix à nos enfants pour qu’ils aient conscience qu’ils sont plus important que tout pour nous. 🙂

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  4. Super billet! Je me retrouve beaucoup dans tes mots! D’ailleurs à la naissance de ma fille, je n’ai pas réussi à lâcher du lest concernant les tâches domestiques pour me reposer en même temps que bébé comme beaucoup le préconisent! J’ai voulu faire à manger pour mon mari, que le linge soit fait, que les sols soient propres (oui parce qu’avec 1 chien et 1 chat, c’est vite sale). Mon mari m’a donné un petit coup de main en cuisine quand je devais donner la tétée mais bon je voulais continuer à tout gérer comme avant. J’ai d’ailleurs une anecdote: nous avions reçu des amis à la maison qui voulaient faire la connaissance de notre bébé. Ils venaient de loin et j’avais donc préparé une tarte. Je me suis pris comme réflexion (un peu mal amenée) que je faisais ma Bree Van de Kamp…. Bon c’était pas faux, je voulais que tout soit parfait, avoir l’image d’une mère parfaite. Je pense que pour le 2e, je lâcherais du leste, je profiterai plus et ne laisserai pas le choix à Mr que d’en faire un peu plus et j’appellerai un peu plus mes parents pour m’aider.
    Aujourd’hui j’ai trouvé une organisation qui me va bien. C’est Mr qui emmène et récupère la puce à la crèche lorsque je travaille et lorsque je rentre, je m’attaque à la cuisine et à une tâche simple pour que lorsqu’il rentre avec elle, je sois entièrement disponible pour jouer et profiter d’elle avant l’heure du coucher.
    Le wk c’est plus simple, elle me suit et ‘m’aide dans tout ce que je fais car c’est un jeu pour elle (elle a 15 mois). Je profite un maximum d’elle et elle me le rend bien!

    C’est pas toujours simple de tout mener de front comme tu l’as si bien dit, il faut prioriser et notre famille c’est LA priorité!

    Amicalement

    Marilyne

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    1. Merci pour ton commentaire plein de vérité et d’honnêteté.
      On se rend compte à quel point nous nous mettons nos propres barrières et que finalement nous avons en nous les clés pour être qui l’on souhaite et surtout le parent que l’on souhaite être.
      Le poids de la société, son regard, nous impact parfois malgré nous au détriment du plus important, notre relation avec nos enfants.
      Je trouve ta remise en question et ta réaction pour y remédier géniale, tu as trouvé un équilibre dans ta vie, grâce à des temps pour faire et des temps pour être…
      Bravo, et merci pour l’idée, j’en prend note. 🙂
      Je te souhaite une belle histoire dans ta nouvelle aventure de maman blogueuse. 🙂

      Aimé par 1 personne

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