La motricité libre

Vous avez peut-être déjà entendu parler de cette pédagogie, notamment si votre enfant est inscrit dans une crèche, car c’est un mouvement qui est de plus en plus porté et mis en place par les professionnelles de la petite enfance.

Les origines : 

Le principe de motricité libre consiste à laisser bébé faire seul les découvertes de son corps, de ses mouvements et de ses capacités à se déplacer. C’est une approche plus respectueuse du rythme de développement de l’enfant.

 Développé par Emmi Pikler, Pédiatre, psychiatre et médecin Hongrois du début du XXème siècle, le concept de motricité libre avance l’idée que l’activité du bébé doit être spontanée, ce qui lui permettra de construire solidement ses acquis psychomoteurs.

Emmi Pikler « découvre combien le bébé prend plaisir et intérêt à exercer son activité spontanée et comment il se saisit des possibilités nouvelles offertes par son développement sensori-moteur, progressant ainsi de jour en jour à petits pas dans ses capacités et découvertes, au rythme de ce développement, chaque petit pas précédant et préparant le suivant dans un processus continu et dans un ordre donné. Ce faisant, le bébé ne poursuit pas un but, il va à l’aventure, découvre à tâtons, reproduit, maîtrise chaque acquisition au fur et à mesure de la poursuite de son chemin. On le voit capable à cet égard de faire de grands efforts et de ténacité, mais capable aussi de se reposer, parfois de regarder ailleurs, puis retourner à sa tâche. »* ( Myriam David, conférence de 2003).

L’enfant a besoin de passer par tous les stades de développement pour apprendre à se retourner, ramper, marcher à quatre pattes,  s’asseoir et enfin marcher.  Il est important de respecter ces différents stades de développement moteur pour qu’il les acquière par lui-même.

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Les bénéfices :

Les bénéfices de la motricité libre sont nombreux et permettent notamment:

  •  Le développement de la confiance en soit :

A travers les diverses acquisitions l’enfant va prendre confiance en lui ce qui va lui insuffler encore plus d’envie et de motivation pour tenter de nouvelles expériences.

  • Le développement de l’autonomie :

L’enfant qui apprend seul à se déplacer ne sera pas tributaire d’une tierce personne pour entreprendre des déplacements et des mouvements. Cet enfant verra son autonomie grandir au rythme de son évolution. Il développera son autonomie beaucoup plus rapidement et beaucoup plus sûrement qu’un enfant ayant été contraint dans sa liberté de mouvements.

Comment l’appliquer au quotidien? : 

Dans les premiers mois de sa vie, bébé à besoin du contact de son parent, pour créer ce fameux lien d’attachement dont je fais référence dans l’article suivant : http://wp.me/p8TAFm-G . Une fois repus d’amour, et de contact physique, il peut commencer à découvrir le monde.

Mettre en pratique les principes de motricité libre consiste à laisser l’enfant à plat sur le dos, au sol, le plus possible afin de le laisser découvrir peu à peu ses propres capacités motrices.

Disposer des jouets, de différentes matières (bois, tissus, grelot, balle) à portée de main va stimuler sa curiosité et le pousser à tenter de se déplacer.  Il est également plus pertinent de disposer des jouets autour de lui au sol, dont il peut se saisir et ainsi porter une action afin de comprendre le lien entre son geste et la réaction de l’objet: « Si je bouge ma main, le grelot fait du bruit ».

Au fil du temps, on peut lui proposer des objets qui roulent afin de le stimuler à les suivre, puis des objets sur des étagères, toujours  à portée de main.

La maison doit pouvoir être un lieu d’expérimentation adapté à l’enfant ou vous n’avez pas besoin de dire non constamment.

Il semble également que disposer des objets au-dessus de la tête de l’enfant, comme le propose les tapis d’éveil, sans que l’enfant puisse les toucher ne soit pas très pertinent, car l’enfant, encore très immature dans ses découvertes de la physique et des liens de cause à effet, ne comprendra pas pourquoi le mobile bouge sans action de sa part.

La motricité libre, met en avant la liberté et pour cela, elle incombe de limiter grandement l’utilisation de transat, de coussin pour caler bébé, ou encore (pire) de trotteur style youpala.

Aussi, il est important de ne pas positionner l’enfant dans une position qu’il n’a pas encore acquis par lui-même, comme l’installer en position assise alors qu’il ne sait pas encore se déplacer et se remettre de lui-même assis et à quatre pâte, parce qu’en faisant cela, l’enfant se retrouve coincé, piégé, assis, sans ne plus pouvoir rien faire à part bouger ses bras et tenter de conserver son équilibre à force de contractions musculaires qui sont loin d’être naturelles.

On veut toujours aider son enfant a évoluer et nous pensons bien faire en le sollicitant et le positionnant dans des postures qui lui seront courantes dans la vie, pourtant, lui faire confiance et se dire qu’un jour il saura s’asseoir tout seul lui apporte un soutien bien plus bénéfique.

Il en est de même pour tous ces enfants suspendu par les bras qui tente d’avancer avec l’aide de leurs parents. D’après ma fine observation, il ne m’est encore jamais arrivé de voir dans la rue une personne adulte marcher avec les bras en l’air, visant le ciel. Cela n’a rien de naturel et ce n’est surtout pas nécessaire.

Il faut donc  veiller à inciter l’enfant a faire seul, tout en l’encourageant et l’aidant lorsqu’il est en situation de danger ou d’échec.

Je suis persuadé qu’un enfant qui aura toujours pu appréhender son environnement par lui-même et qui connaitra les limites de ses capacités motrices et de son corps ne prendra que très peu de risques. En lui laissant la possibilité de faire seul, l’enfant doit s’interroger, « suis je capable ? », « comment procédé ? »,  l’adulte doit aussi lui verbaliser ses actions, « tu veux descendre cette marche ? » « comment peux tu t’y prendre? » « tu te mets à l’envers? d’accord, et ensuite ? ».

Un dernier point essentiel pour permettre à votre bébé de bien se mouvoir c’est de l’habiller avec des vêtements souples et amples et de le laisser le plus possible les pieds nus, (éviter les collants notamment).

La motricité libre, ce n’est pas tout laissé faire à son enfant et le laisser prendre des risques, mais c’est prendre le recul nécessaire, être présent tout en le laissant faire par lui-même. Et évidemment, réagir en cas de danger.

C’est resté sensible et mesurer le risque, tout en permettant à l’enfant de prendre conscience de ces capacités et limites, en le laissant expérimenter et découvrir par lui-même.

Faites lui confiance.  Il sait déjà tout. Il est programmé pour évoluer, c’est un être humain… 😉

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